Essai · Entreprises · 3 novembre 2026 · 13 min de lecture
Les PME ne manquent pas de vendeurs, elles manquent de système
Un seuil de revenus, une courbe en J et un escalier : pourquoi le premier vendeur détruit si souvent de la valeur, et comment un fondateur devrait quitter la vente.
Par Fabrice Maillardet, fondateur de Groupe HTG et de Closers Québec
Mon métier consiste à placer des représentants des ventes dans des PME du Québec. Pourtant, une bonne partie de mes conversations avec des propriétaires se termine par un conseil qui va contre mon intérêt immédiat : ne pas embaucher de vendeur, du moins pas maintenant.
J'ai enregistré environ 84 de ces appels en 2025 et 2026. Le motif est presque toujours le même : « il me faut un vendeur ». Et dans à peu près trois cas sur quatre, ce n'est pas le vrai besoin. Ce qui manque, ce sont des demandes qualifiées, une structure de vente ou simplement du volume. Placer un vendeur dans ce vide, c'est le condamner, selon l'expression d'ici, à « manger ses croûtes » : il attend des occasions qui ne viennent pas, se décourage, puis s'en va. Le propriétaire en conclut que « les bons vendeurs sont introuvables ». Il a tiré la mauvaise leçon d'une expérience bien réelle.
Voilà le paradoxe. On décrit le problème commercial des PME comme un problème de talent. Je soutiens que c'est d'abord un problème d'architecture. Il existe un seuil de revenus sous lequel une équipe de vente détruit de la valeur. Quand le fondateur passe la main, les ventes baissent avant de remonter, selon une courbe en J. Et la délégation réussie ne se fait pas d'un bloc, mais par marches. Ce texte propose ce modèle, ses mécanismes et ses limites.
1. Un seuil, pas une ambition
Ma règle de terrain, et je la présente comme telle, pas comme un résultat de recherche : pas d'équipe de vente sous environ 50 000 $ de revenus mensuels, et le propriétaire reste dans la vente jusqu'à environ 200 000 $ par mois. Ces chiffres bougent selon la marge, la durée du cycle et la valeur moyenne d'une vente. Leur logique, elle, ne bouge pas.
Un vendeur crée de la valeur à une seule condition : il sert une demande que le fondateur n'arrive plus à servir. Sous le seuil, cette demande n'existe pas. L'agenda du propriétaire n'est pas plein ; le goulot est en amont, dans la génération de demandes. Le nouveau vendeur se partage alors les mêmes occasions que son patron, en moins bien, puisqu'il apprend. Prenons une illustration volontairement hypothétique : une entreprise à 40 000 $ par mois avec 40 % de marge brute dégage 16 000 $ de marge par mois. Un représentant dont le coût complet atteint 6 000 $ par mois consomme plus du tiers de cette marge pendant toute sa période d'apprentissage, sans qu'une seule demande supplémentaire n'entre. Le calcul n'est pas compliqué. Il est simplement rarement fait.
Combien d'entreprises se trouvent sous ce seuil ? Les données de Statistique Canada sur les revenus des entreprises permettent une estimation. En 2021, sur 1 132 900 entreprises employeuses au Canada, 58,9 % déclaraient moins de 500 000 $ de revenus annuels, soit moins d'environ 42 000 $ par mois. Et 87,9 % déclaraient moins de 2,5 millions de dollars, soit moins d'environ 208 000 $ par mois 1. Si mon heuristique est juste, près de six entreprises employeuses sur dix ne devraient pas avoir d'équipe de vente, et près de neuf sur dix devraient encore avoir leur propriétaire au cœur de la vente. Le portrait par taille va dans le même sens : 59,1 % des entreprises employeuses canadiennes comptent de un à quatre employés, et le Québec compte 228 622 petites entreprises employeuses 2. Les tranches de revenus ne coïncident pas exactement avec mes seuils, et un revenu n'est pas une marge. L'ordre de grandeur, lui, est sans ambiguïté : le cas typique, c'est l'entreprise sous le seuil.
Le monde des jeunes pousses technologiques arrive à une conclusion voisine par un autre chemin. Jason Lemkin, investisseur et fondateur de SaaStr, recommande d'embaucher le premier représentant seulement après que le fondateur a lui-même conclu de 10 à 20 clients, et pas avant 3. Dans une PME de services, le bon signal n'est pas le nombre de clients, mais la saturation de l'agenda du propriétaire. La logique est la même : on délègue une vente qui fonctionne déjà, jamais une vente qu'on espère voir fonctionner.
2. Lewis Hamilton dans une Honda Civic
L'image que j'utilise le plus souvent avec les propriétaires est celle-ci : engager Lewis Hamilton et l'installer au volant d'une Honda Civic 2004. Le pilote compte, mais le véhicule fixe le plafond. Dans la vente, le véhicule, c'est la provenance des demandes, leur répartition, le script, le suivi, la cadence de relance et les quelques chiffres qu'on regarde chaque semaine. C'est ce qui encadre le vendeur et le ramène vers les gestes qui paient. La plupart des entreprises avec lesquelles je parle ne mesurent même pas le nombre d'appels faits et le nombre de ventes conclues. Quand le vendeur échoue, le propriétaire ne peut donc pas savoir si c'est le pilote ou la voiture.
La recherche en économie du management donne du poids à cette intuition. Nicholas Bloom et John Van Reenen ont mesuré les pratiques de gestion de 732 entreprises de taille moyenne aux États-Unis, en France, en Allemagne et au Royaume-Uni. Ces pratiques sont fortement associées à la productivité, à la rentabilité et à la survie, et chaque pays présente une longue traîne d'entreprises très mal gérées, plus fréquente là où la concurrence est faible et où la direction se transmet à l'aîné de la famille 4. Élargie à plus de 11 000 entreprises dans 34 pays, leur analyse attribue aux écarts de pratiques de gestion environ 30 % des écarts de productivité globale des facteurs entre pays 5. L'expérience la plus frappante reste celle menée dans des usines textiles en Inde : des conseils gratuits en gestion, attribués au hasard, ont augmenté la productivité de 17 % dès la première année. Pourquoi ces entreprises n'avaient-elles pas adopté d'elles-mêmes des pratiques aussi rentables ? Selon les auteurs, surtout par manque d'information 6. Elles ne savaient pas ce qui leur manquait.
C'est exactement ce que j'entends au téléphone. Les pratiques qui font la différence sont banales : mesurer, revoir, fixer des cibles, rappeler vite. Elles sont absentes parce que personne n'a jamais montré au propriétaire qu'elles étaient le vrai levier.
La vitesse de rappel en est le meilleur exemple. Une équipe de chercheurs a soumis une demande de renseignements en ligne à 2 241 entreprises américaines : 37 % ont répondu dans l'heure, 23 % n'ont jamais répondu. Dans un second volet, portant sur 1,25 million de demandes reçues par 42 entreprises, celles qui tentaient de joindre le client dans l'heure avaient près de sept fois plus de chances de le qualifier, c'est-à-dire d'avoir une vraie conversation avec un décideur, que celles qui attendaient une heure de plus. Elles en avaient plus de 60 fois plus que celles qui attendaient 24 heures ou davantage 7. Mes appels confirment la même règle sur le terrain : le premier qui rappelle gagne habituellement, même s'il est plus cher. D'où une distinction que je répète souvent : un setter n'est pas un réceptionniste. Son travail n'est pas de prendre des messages, mais de qualifier en quelques minutes. La vitesse est une propriété du système, pas un talent individuel. C'est pourquoi elle est la première chose à déléguer.
3. La courbe en J du fondateur
Quand le fondateur cède la vente, l'entreprise recule de quelques pas. Presque toujours, dans les dossiers que j'ai suivis, et trois mécanismes l'expliquent.
Le premier est la connaissance tacite. Le philosophe Michael Polanyi l'a résumée en une formule : nous pouvons savoir plus que nous ne pouvons dire 8. Le fondateur vend avec une crédibilité, une connaissance du produit et une lecture des objections qu'aucun script ne contient entièrement. Ce qu'il transmet en formation n'est qu'une partie de ce qu'il sait.
Le deuxième est la période de montée en régime. Dans l'étude de la Bridge Group sur 172 entreprises de logiciels interentreprises, un nouveau représentant met en moyenne 5,7 mois à atteindre sa pleine productivité, contre 4,3 mois en 2020 9. Ce sont des organisations qui ont des programmes d'accueil structurés. Rien ne laisse croire qu'une PME sans processus documenté ferait mieux.
Le troisième est le temps du fondateur. Au moment précis où il vend moins, il doit former, écouter, corriger. Sa capacité commerciale baisse deux fois.
Les économistes Erik Brynjolfsson, Daniel Rock et Chad Syverson ont décrit une dynamique semblable à l'échelle de l'économie : les nouvelles technologies exigent des investissements complémentaires immatériels, mal mesurés, qui font d'abord paraître la productivité plus faible avant de la faire paraître plus forte. Ils l'appellent la courbe en J de la productivité 10. Déléguer la vente est un investissement de ce type. Scripts, enregistrements, fiches d'objections, routines de suivi : ce sont des actifs qui n'apparaissent dans aucun bilan, mais qui coûtent des ventes au moment où on les construit.
La bonne question n'est donc pas d'éviter le creux, mais d'en contrôler la profondeur et la durée. C'est là qu'intervient l'escalier de délégation : setter, puis hybride, puis closer, puis directeur des ventes. Chaque marche transfère une seule fonction. D'abord la vitesse et la qualification, avec le setter. Ensuite les petites ventes, avec un profil hybride qui qualifie et conclut les dossiers simples. Puis la conclusion des ventes importantes, avec le closer. Enfin la gestion de l'équipe, avec le directeur des ventes. Pendant ce temps, le nouveau venu écoute les appels du fondateur, et le fondateur se détache tranquillement, pas vite.
L'idée centrale du modèle tient en une phrase : une série de petites courbes en J coûte moins cher qu'une seule grande. Chaque marche ne transfère qu'une tranche étroite de connaissance tacite, et le fondateur continue de conclure les gros dossiers pendant que la marche suivante se consolide. Le modèle produit une prédiction qu'on peut vérifier, donc contester : les entreprises qui sautent des marches, en confiant tout d'un coup à un seul vendeur ou en engageant un directeur des ventes avant d'avoir des vendeurs, connaissent un creux plus profond et reviennent plus souvent sur leur décision.
4. Le salaire de base paie la tête
Le débat sur la rémunération oppose généralement la commission pure au salaire. Ma position est que le salaire de base sert d'abord la tête, pas le portefeuille. C'est un filet psychologique. Plus le cycle de vente est long, plus ce filet est nécessaire, et il devrait être accordé en échange de chiffres d'activité (appels, rendez-vous, suivis), pas de ventes.
L'économie des incitatifs donne un fondement à cette règle. Dans un modèle devenu classique, Amiya Basu et ses coauteurs établissent que la part du salaire dans la rémunération totale devrait augmenter avec l'incertitude de l'environnement de vente, comme avec l'attrait des emplois de rechange 11. Dans un cycle long, les ventes d'un mois donné reflètent surtout du hasard et le travail des mois précédents. Une commission pure paie alors la chance plus que l'effort. La pratique suit d'ailleurs la théorie : même dans le logiciel interentreprises, la rémunération cible médiane se répartit à 53 % en salaire de base et 47 % en part variable 9.
La structure de l'incitatif compte autant que son niveau. Doug Chung, Thomas Steenburgh et K. Sudhir ont étudié la force de vente d'une entreprise du Fortune 500 qui vend des produits de bureau durables. Les primes augmentent la productivité dans tous les segments, et les primes trimestrielles servent de meneurs d'allure qui gardent l'équipe sur la trajectoire de son objectif annuel 12. Sans elles, les vendeurs les plus faibles produiraient 10 % moins de revenus, contre 4 % pour le cœur de l'équipe et 2 % pour les meilleurs 12. Ce sont les plus faibles qui ont le plus besoin d'objectifs courts. Les chiffres d'activité jouent ce rôle chaque jour, même quand une vente prend des mois. Sanjog Misra et Harikesh Nair montrent de leur côté qu'une refonte du plan de rémunération de 87 vendeurs, chez un fabricant américain de lentilles cornéennes, a augmenté les revenus de 9 % 13. Sans changer une seule personne, la conception du plan s'est révélée un levier aussi réel que le talent.
Reste le mécanisme que j'observe le plus souvent. Sans revenu qui rentre, le vendeur devient insistant au téléphone : il presse, il parle de prix trop tôt, il écoute moins. Et il vend encore moins. La recherche sur la rareté offre une explication possible : Anandi Mani, Sendhil Mullainathan, Eldar Shafir et Jiaying Zhao ont montré que les préoccupations financières consomment des ressources mentales et réduisent la performance cognitive 14. Mais d'autres travaux nuancent ce résultat. Une étude menée auprès de ménages américains à faible revenu, interrogés au hasard avant ou après leur jour de paie, n'a trouvé aucune différence dans la qualité des décisions ni dans les tâches cognitives 15. Je tiens donc ce lien pour une hypothèse de terrain, pas pour une loi. Ce que j'observe, c'est un comportement en appel, pas une capacité cognitive. Ma conclusion pratique reste la même : le salaire de base achète du calme, et le calme vend.
5. Choisir sur la vente, garder comme une équipe
Avant de présenter un candidat à une entreprise, je lui fais vendre l'offre réelle de cette entreprise, en jeu de rôle. On apprend davantage en vingt minutes de mise en situation que dans un curriculum vitæ complet, et l'on sait en quelques jours de travail si un représentant performe. La psychologie du personnel appuie ce choix. La révision des grandes méta-analyses publiée en 2022 par Paul Sackett et ses coauteurs place l'entrevue structurée en tête des méthodes de sélection, avec une validité de 0,42, et les mises en situation de travail à 0,33. Le nombre d'années d'expérience n'est qu'à 0,07 16. Le curriculum vitæ mesure précisément ce qui prédit le moins bien.
Les meilleurs vendeurs, par ailleurs, se trouvent rarement par une offre d'emploi. Une étude portant sur neuf grandes entreprises (centres d'appels, camionnage, haute technologie) montre que les employés recommandés ont une productivité comparable sur la plupart des mesures, mais qu'ils quittent beaucoup moins souvent et génèrent des profits nettement supérieurs par employé, grâce à un roulement et à des coûts d'embauche plus faibles 17.
Car le vrai coût d'une équipe de vente se situe dans la rétention. Une équipe de vente se gère comme une équipe sportive, et la rétention y dépend de deux variables : la culture et la rémunération. Les chiffres de la Bridge Group montrent pourquoi cela importe. Le roulement annuel médian des représentants y atteint 30 %, leur ancienneté moyenne 2,8 ans, et le temps médian passé à pleine productivité 24 mois 9. Chaque départ fait recommencer une courbe en J. Un escalier bien construit peut s'effondrer si les marches changent de titulaire tous les huit mois.
Une dernière contrainte ferme le modèle : une grosse machine de vente brise une entreprise incapable de livrer derrière. Mon principe personnel est de ne jamais signer plus que ce que je peux livrer. La capacité de vente doit suivre la capacité de livraison, jamais la précéder. L'étude indienne relevait d'ailleurs que le temps limité des dirigeants empêchait les entreprises bien gérées de prendre la place des moins bien gérées 6. Le même goulot existe dans une PME qui vend plus vite qu'elle ne produit.
6. Où le modèle peut se tromper
Un modèle qui ne dit pas où il échoue n'en est pas un. J'en vois quatre limites.
Les seuils dépendent de la marge et du cycle. Une entreprise à forte marge et à vente élevée peut justifier un setter plus tôt ; une entreprise à faible marge, plus tard. Les montants de 50 000 $ et de 200 000 $ sont des repères, pas des constantes.
Certains fondateurs vendent mal. Dans ce cas, un bon représentant fait mieux dès le premier mois et il n'y a pas de creux. C'est rare dans mes appels, mais cela existe.
Mon échantillon est biaisé. Les propriétaires qui m'appellent pensent déjà avoir besoin d'un vendeur. Ma proportion de « trois sur quatre » décrit donc ceux qui cherchent, pas l'ensemble des PME.
Enfin, la recherche que je cite vient d'ailleurs : logiciels américains, textile indien, grande entreprise du Fortune 500. Les mécanismes se transportent bien. Les chiffres, beaucoup moins.
Dans dix ans
Le véhicule est en train de devenir du logiciel. L'enregistrement des appels, leur analyse, le suivi automatique et la pratique avec l'intelligence artificielle font baisser le coût de la structure. Dans l'application de Closers Québec, des vendeurs s'exercent au setting avec une IA avant de parler à de vrais prospects. Une part de la connaissance tacite du fondateur, celle que Polanyi jugeait impossible à dire, devient enregistrable, rejouable et transmissible.
Mon pari pour la prochaine décennie est double. D'abord, les seuils vont baisser et les courbes en J vont s'aplatir, parce que le véhicule coûtera moins cher et que l'apprentissage ira plus vite. Ensuite, l'ordre des marches, lui, ne changera pas : la vitesse avant la conclusion, la conclusion avant la gestion, la livraison avant le volume. Les PME qui croîtront ne seront pas celles qui auront trouvé le meilleur vendeur. Ce seront celles qui auront construit une voiture dans laquelle un bon vendeur ordinaire peut gagner.
Sources
- Statistique Canada, tableau 33-10-0843-01, « Nombre d'entreprises au Canada, selon le groupe de revenu et le statut de minorité visible du propriétaire », 2019 à 2021. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/en/tv.action?pid=3310084301 ↩
- Innovation, Sciences et Développement économique Canada, Principales statistiques relatives aux petites entreprises 2025. https://ised-isde.canada.ca/site/sme-research-statistics/en/node/439 ↩
- Jason Lemkin, « Dear SaaStr: When Should I Hire My First AE? », SaaStr. https://www.saastr.com/dear-saastr-when-should-i-hire-my-first-ae ↩
- Nicholas Bloom et John Van Reenen, « Measuring and Explaining Management Practices Across Firms and Countries », Quarterly Journal of Economics, 122(4), 2007, p. 1351-1408. https://econpapers.repec.org/RePEc:oup:qjecon:v:122:y:2007:i:4:p:1351-1408. ↩
- Nicholas Bloom, Raffaella Sadun et John Van Reenen, « Management as a Technology? », IZA Discussion Paper n° 9987 (aussi NBER Working Paper n° 22327), 2016. https://econpapers.repec.org/RePEc:iza:izadps:dp9987 ↩
- Nicholas Bloom, Benn Eifert, Aprajit Mahajan, David McKenzie et John Roberts, « Does Management Matter? Evidence from India », Quarterly Journal of Economics, 128(1), 2013, p. 1-51. https://econpapers.repec.org/RePEc:oup:qjecon:v:128:y:2013:i:1:p:1-51 ↩
- James B. Oldroyd, Kristina McElheran et David Elkington, « The Short Life of Online Sales Leads », Harvard Business Review, mars 2011. https://hbr.org/2011/03/the-short-life-of-online-sales-leads ↩
- Michael Polanyi, The Tacit Dimension, Doubleday, 1966, p. 4. ↩
- The Bridge Group, SaaS AE Report: Models, Metrics, and Compensation Research, version 9.3, 2024 (172 entreprises). https://www.bridgegroupinc.com ↩
- Erik Brynjolfsson, Daniel Rock et Chad Syverson, « The Productivity J-Curve: How Intangibles Complement General Purpose Technologies », American Economic Journal: Macroeconomics, 13(1), 2021, p. 333-372 (NBER Working Paper n° 25148). https://www.nber.org/papers/w25148 ↩
- Amiya K. Basu, Rajiv Lal, V. Srinivasan et Richard Staelin, « Salesforce Compensation Plans: An Agency Theoretic Perspective », Marketing Science, 4(4), 1985, p. 267-291. https://ideas.repec.org/a/inm/ormksc/v4y1985i4p267-291.html ↩
- Doug J. Chung, Thomas Steenburgh et K. Sudhir, « Do Bonuses Enhance Sales Productivity? A Dynamic Structural Analysis of Bonus-Based Compensation Plans », Marketing Science, 33(2), 2014, p. 165-187. https://econpapers.repec.org/RePEc:inm:ormksc:v:33:y:2014:i:2:p:165-187 ; résumé des auteurs dans The European Financial Review, 29 octobre 2013 : https://www.europeanfinancialreview.com/?p=723 ↩
- Sanjog Misra et Harikesh S. Nair, « A Structural Model of Sales-Force Compensation Dynamics: Estimation and Field Implementation », Quantitative Marketing and Economics, 9(3), 2011, p. 211-257. https://ideas.repec.org/p/ecl/stabus/2037.html ↩
- Anandi Mani, Sendhil Mullainathan, Eldar Shafir et Jiaying Zhao, « Poverty Impedes Cognitive Function », Science, 341, 2013, p. 976-980. https://collaborate.princeton.edu/en/publications/poverty-impedes-cognitive-function/ ↩
- Leandro S. Carvalho, Stephan Meier et Stephanie W. Wang, « Poverty and Economic Decision-Making: Evidence from Changes in Financial Resources at Payday », American Economic Review, 106(2), 2016, p. 260-284. https://econpapers.repec.org/RePEc:aea:aecrev:v:106:y:2016:i:2:p:260-84 ↩
- Paul R. Sackett, Charlene Zhang, Christopher M. Berry et Filip Lievens, « Revisiting Meta-Analytic Estimates of Validity in Personnel Selection: Addressing Systematic Overcorrection for Restriction of Range », Journal of Applied Psychology, vol. 107, 2022, p. 2040-2068, https://doi.org/10.1037/apl0000994 ↩
- Stephen V. Burks, Bo Cowgill, Mitchell Hoffman et Michael Housman, « The Value of Hiring through Employee Referrals », Quarterly Journal of Economics, 130(2), 2015, p. 805-839. https://econpapers.repec.org/RePEc:oup:qjecon:v:130:y:2015:i:2:p:805-839 ↩