Essai · Intelligence artificielle · 3 novembre 2026 · 14 min de lecture
Ce que l'IA ne remplacera pas dans la vente, et ce qu'elle remplacera
La machine prendra presque tout ce qui peut s'écrire à l'avance. Elle ne prendra pas la place de la personne devant qui l'on décide.
Par Fabrice Maillardet, fondateur de Groupe HTG et de Closers Québec
Chaque semaine, je rends une machine un peu meilleure pour faire semblant d'hésiter. Dans l'application de l'académie que j'ai fondée, les setters s'exercent contre un prospect simulé par l'IA : il pose des questions, se méfie, invoque son budget, demande à réfléchir. Plus il ressemble à un vrai acheteur, plus l'entraînement vaut quelque chose.
Ce travail m'oblige à regarder en face une question inconfortable. Si une machine peut jouer l'acheteur de façon assez crédible pour entraîner un vendeur, pourquoi ne pourrait-elle pas jouer le vendeur ? La réponse honnête est qu'elle le peut déjà, en partie. Dans une expérience menée sur le terrain auprès de plus de 6 200 clients, des agents conversationnels dont l'identité n'était pas révélée ont vendu aussi bien que des vendeurs compétents, et quatre fois mieux que des vendeurs inexpérimentés 1.
Je défends pourtant une thèse que je crois durable : une décision d'achat importante restera une décision humaine, prise devant un humain. Non pas parce que la machine manquera d'intelligence ou de mots justes, mais parce que ce qui donne sa valeur à l'accompagnement, dans ces moments-là, n'est pas une compétence. C'est une position. Pour défendre cette thèse sans complaisance, il faut d'abord admettre tout ce que l'IA va prendre.
Ce que la machine prend, et pourquoi elle a raison de le prendre
Le McKinsey Global Institute estimait en 2023 qu'environ 75 % de la valeur potentielle de l'IA générative se concentre dans quatre fonctions, dont le marketing et les ventes, et que ces technologies pourraient automatiser des activités qui absorbent de 60 à 70 % du temps des employés 2. Dans la vente, ce temps a un visage précis. Selon le sixième rapport State of Sales de Salesforce, fondé sur 5 500 professionnels dans 27 pays, les vendeurs déclarent consacrer 70 % de leur temps à des tâches qui ne relèvent pas de la vente 3. Recherche sur l'entreprise, rédaction de courriels, relances, prise de notes, mise à jour des dossiers clients, préparation des rencontres : tout cela peut s'écrire à l'avance, et ce qui peut s'écrire à l'avance, la machine le fera mieux et moins cher.
L'argument le plus fort contre ma thèse vient toutefois des acheteurs eux-mêmes. Gartner rapportait en juin 2025 que 61 % des acheteurs interentreprises préfèrent une expérience d'achat sans représentant, d'après un sondage de 632 acheteurs 4. En mars 2026, ce chiffre atteignait 67 % sur 646 acheteurs 5. Une enquête antérieure du même cabinet est plus dure encore : seulement 24 % des acheteurs dont l'achat avait été mené principalement par un représentant avaient conclu une transaction de grande qualité, contre 65 % de ceux qui avaient piloté eux-mêmes leur démarche, en partie parce que les représentants simplifient trop leurs recommandations 6.
Je prends ces chiffres au sérieux. Ils ne disent pas que l'humain est inutile. Ils disent que beaucoup de vendeurs n'apportent rien qu'un bon site web n'apporte déjà. Un vendeur qui transmet de l'information, récite des caractéristiques et relance par réflexe est un intermédiaire, et les intermédiaires d'information sont les premiers à disparaître. Le sondage de 2025 note d'ailleurs que 73 % des acheteurs évitent activement les fournisseurs qui leur envoient des sollicitations hors propos 4. L'IA ne remplacera pas d'abord la vente ; elle remplacera d'abord la mauvaise vente. C'est une bonne nouvelle pour les acheteurs, et un avertissement pour mon métier.
L'IA comme passeuse de savoir-faire
La donnée la plus utile pour comprendre l'avenir du métier ne vient pas de la vente, mais du soutien à la clientèle. Erik Brynjolfsson, Danielle Li et Lindsey Raymond ont étudié l'introduction progressive d'un assistant d'IA générative auprès de 5 179 agents. L'accès à l'outil a augmenté la productivité, mesurée en problèmes résolus par heure, de 14 % en moyenne, et de 34 % chez les agents novices ou moins habiles, avec un effet minime chez les plus expérimentés 7. Les agents qui comptaient deux mois d'ancienneté avec l'outil obtenaient d'aussi bons résultats que ceux qui en comptaient plus de six sans l'outil 7. Dans la version publiée en 2025 dans le Quarterly Journal of Economics, le gain moyen est de 15 %, et les plus compétents voient de petits gains de vitesse accompagnés de petites baisses de qualité 8.
L'interprétation des auteurs est celle qui m'intéresse : l'outil semble diffuser les meilleures pratiques des agents les plus habiles vers les autres 7. Il y a plus. Pendant les pannes du logiciel, les agents qui y avaient été exposés obtenaient encore de meilleurs résultats qu'avant son arrivée 7. La machine n'a pas seulement fait une partie du travail ; elle a enseigné quelque chose.
Trois conséquences en découlent pour la vente. La première est une compression de la distribution des talents : l'écart entre le débutant et le vendeur moyen va fondre. La deuxième est plus subtile. Ce que l'outil transmet, c'est ce que les meilleurs font de façon répétable, donc ce qui peut s'extraire de milliers de conversations. Ce qui ne s'y trouve pas, le jugement devant une situation qui ne ressemble à aucune autre, garde sa valeur, et cette valeur augmente par rareté. La troisième conséquence est que l'IA est d'abord une machine à entraîner.
La décision est émotionnelle, et c'est pourquoi l'objection trompe
Dans plus d'une centaine de coachings et d'appels de découverte menés depuis 2024, une même leçon revient, et c'est celle que j'enseigne en premier : toute décision d'achat est émotionnelle, même chez la personne la plus rationnelle. La raison justifie ; l'émotion déclenche.
Ce n'est pas une intuition de vendeur. Les travaux d'Antonio Damasio sur des patients atteints de lésions du cortex préfrontal ventromédian ont conduit à l'hypothèse des marqueurs somatiques : des signaux liés aux émotions et aux états du corps orientent nos choix, parfois à notre insu 9. Dans une expérience publiée dans Science, des participants sains commençaient à choisir avantageusement avant de pouvoir dire quelle stratégie fonctionnait, alors que des patients atteints de lésions préfrontales continuaient de mal choisir même après avoir compris la bonne stratégie 10. L'interprétation de ces résultats reste discutée : Maia et McClelland ont montré que les participants en savaient consciemment davantage qu'on ne le croyait 11. La conclusion générale a pourtant résisté. La revue de Jennifer Lerner et de ses collègues dans l'Annual Review of Psychology, qui couvre 35 ans de recherche, décrit les émotions comme des moteurs puissants, omniprésents et prévisibles de la décision, parfois nuisibles et parfois bénéfiques 12. Dans sa conférence Nobel, Daniel Kahneman distinguait des opérations mentales rapides, automatiques et associatives d'opérations plus lentes, sérielles et délibérées, et rappelait les travaux selon lesquels une évaluation affective automatique, le noyau émotionnel d'une attitude, est le principal déterminant de nombreux jugements 13. À mon sens, l'acheteur rationnel n'échappe pas à cette architecture ; il la recouvre de justifications.
Cette réalité a une conséquence pratique que la plupart des vendeurs ignorent : l'objection est un symptôme, pas le problème. Quand un acheteur dit que c'est trop cher, l'argent est rarement le problème en soi ; c'est le symptôme d'un problème que personne n'a exploré. Le refus, le rendez-vous manqué et le remords d'acheteur ont presque toujours la même origine : un « pourquoi » mal compris en amont. Il n'existe pas des milliers d'objections. Il y en a une poignée, qui renvoient à quelques causes.
C'est pourquoi la question la plus utile d'un appel n'est pas une technique de conclusion, mais une question de diagnostic : « Ultimement, quel est votre objectif ? » Elle traite la maladie plutôt que le symptôme. Elle appelle une seconde question : « Pourquoi maintenant ? » Un peu de douleur ne suffit pas pour changer ; on vit des années avec un inconfort tolérable.
Affirmer que la décision est émotionnelle crée une responsabilité. Si l'émotion déclenche l'action, celui qui maîtrise l'émotion peut fabriquer la décision. La frontière éthique que j'enseigne tient en une phrase : le closer ne vend pas, il accompagne une décision. Il a le droit de rendre une conversation inconfortable, mais seulement au service de l'objectif que l'acheteur a lui-même nommé. Quand la personne comprend en cours d'appel que l'offre n'est pas pour elle, c'est une réussite. Le terrain donne une règle simple : au-delà de trois ou quatre objections, insister ne produit plus une décision, mais un remords. À l'autre extrême, les données de Gartner indiquent que les acheteurs qui finalisent seuls, en libre-service numérique, sont nettement plus enclins au regret 6. Le regret guette des deux côtés : chez celui qu'on a poussé, et chez celui qu'on a laissé seul. Le regret est une meilleure mesure de la qualité d'une vente que le taux de conversion.
C'est ici que l'IA devient dangereuse. Un système optimisé pour la conversion, qui apprendrait sur des millions d'échanges quel levier émotionnel fait signer, ferait à grande échelle ce qu'un mauvais vendeur fait à petite échelle, sans personne pour en répondre.
Le paradoxe de l'empathie artificielle
On pourrait croire que l'humain gardera l'empathie parce que la machine ne sait pas l'exprimer. C'est faux. Dans une étude publiée dans JAMA Internal Medicine, des professionnels de la santé ont comparé à l'aveugle les réponses de médecins et d'un agent conversationnel à 195 questions de patients : ils ont préféré la réponse de la machine dans 78,6 % des 585 évaluations, et les réponses jugées empathiques ou très empathiques représentaient 45,1 % des réponses de la machine, contre 4,6 % de celles des médecins 14.
Tout change quand on révèle qui a écrit. Dans neuf études totalisant 6 282 participants, Rubin et ses collègues ont présenté des réponses empathiques produites par l'IA, attribuées tantôt à un humain, tantôt à l'IA. Les réponses attribuées à un humain étaient jugées plus empathiques et plus soutenantes, surtout pour ce qui relève du partage émotionnel et de la sollicitude, et les participants choisissaient systématiquement l'humain lorsqu'ils cherchaient un engagement émotionnel 15. L'expérience de Luo et de ses collègues montre le même mécanisme dans un contexte commercial : révéler l'identité de l'agent avant la conversation a réduit les achats de plus de 79,7 %, parce que les clients le percevaient comme moins compétent et moins empathique 1.
La recherche sur l'aversion pour les algorithmes complète le tableau. Les gens perdent confiance dans un algorithme plus vite que dans un humain après avoir vu les deux commettre la même erreur 16, et ils s'y fient moins pour les tâches qu'ils perçoivent comme subjectives 17. Or une décision d'achat importante est, pour celui qui la prend, l'une des tâches les plus subjectives qui soient : elle engage son argent, sa fierté, parfois son identité.
La leçon est contre-intuitive. Ce qui restera humain n'est pas la capacité de trouver les mots justes ; la machine les trouve déjà. C'est le fait qu'une personne, qui a quelque chose à perdre, se tienne devant la décision d'une autre et en accepte une part de responsabilité. L'empathie vaut en partie par ce qu'elle coûte à celui qui l'offre. Une machine ne paie rien.
Ce constat ne laisse pas le vendeur tranquille. Selon le sondage de Gartner publié en mai 2026, 69 % des acheteurs interentreprises préfèrent valider auprès d'un représentant les analyses produites par l'IA, et 45 % ont utilisé l'IA générative lors d'un achat récent 18. Interrogés sur la source la plus susceptible de les induire en erreur, ils se partagent pourtant presque également : 51 % désignent l'IA générative, 49 % les représentants 18. La confiance n'est pas accordée à l'humain parce qu'il est humain. Elle l'est à celui qui se comporte en accompagnateur plutôt qu'en pousseur.
Enfin, l'option de cacher la machine se referme. L'article 50 du règlement européen sur l'intelligence artificielle exige que les systèmes conçus pour interagir directement avec des personnes les informent qu'elles interagissent avec une IA, sauf si c'est évident 19. La pénalité de divulgation mesurée par Luo cesse d'être un détail d'expérience ; elle devient une donnée structurelle du marché.
Le script appris par cœur, pour enfin écouter
Dans mes coachings, je défends un paradoxe qui surprend les débutants : il faut apprendre le script par cœur, à force de dizaines de jeux de rôle, précisément pour ne plus y penser. Tant que le vendeur cherche sa prochaine phrase, il n'écoute pas ; il attend son tour. La répétition construit la compétence. Il n'existe pas de raccourci, seulement des façons plus efficaces de répéter.
La recherche sur l'automatisation des habiletés éclaire ce paradoxe, avec une réserve importante : elle porte sur des gestes moteurs, pas sur la conversation. Beilock et ses collègues ont montré que des golfeurs expérimentés réussissaient mieux leurs coups roulés quand une tâche secondaire détournait leur attention du geste, alors que les novices profitaient d'une attention portée à chaque étape 20. L'habileté maîtrisée libère l'attention ; celle qui ne l'est pas la consomme. Transposé à la vente, le vendeur qui a automatisé la structure de son appel peut consacrer son attention à la seule chose qui compte : la personne en face.
C'est là que l'IA trouve sa place la plus utile, et la moins discutée. La pratique délibérée, au sens d'Ericsson, repose sur des efforts prolongés pour améliorer sa performance 21 ; or le jeu de rôle entre humains est rare, coûteux et souvent complaisant. Un prospect simulé est disponible à 23 heures, ne se lasse pas et peut opposer la même objection cinquante fois. Les premières données sont encourageantes : dans une étude présentée à la conférence CHI 2024, des participants entraînés contre un interlocuteur simulé par un modèle de langage ont réduit de 67 % en moyenne leurs stratégies d'escalade lors d'un véritable conflit, et doublé leurs stratégies coopératives, par rapport à un groupe qui avait étudié la même théorie 22.
Il faut rester honnête sur la limite. Une méta-analyse de Macnamara, Hambrick et Oswald conclut que la pratique délibérée explique 26 % des écarts de performance dans les jeux, mais moins de 1 % dans les professions 23. La répétition est nécessaire ; elle n'est pas suffisante. Ce qui manque, je le vois revenir dans des dizaines de coachings, ce sont les croyances. Elles passent avant la personnalité, les habiletés et les habitudes. Un vendeur qui croit en secret que son offre est trop chère ne déplacera jamais la croyance d'un client sur le prix : on ne fait pas bouger chez l'autre ce qu'on n'a pas fait bouger chez soi. L'IA peut faire répéter. Elle ne peut pas, à elle seule, faire croire.
Une carte : quatre zones et une frontière qui bouge
Je propose de classer chaque tâche de vente selon deux questions. La première : la bonne réponse peut-elle s'écrire à l'avance, ou dépend-elle de cette personne, maintenant ? La seconde : qu'est-ce que la décision engage pour l'acheteur ?
Codifiable, faible enjeu : l'IA remplace. Prospection, recherche, rédaction, relances, prise de rendez-vous, mise à jour des dossiers, achats simples en libre-service. C'est la zone des 67 %.
Situationnel, faible enjeu : l'IA converse. Qualification, questions courantes, objections simples sur des produits simples. L'expérience de Luo montre qu'une machine non déclarée peut déjà vendre au téléphone aussi bien qu'un vendeur compétent 1 ; la seule friction est la divulgation, qui deviendra la norme.
Codifiable, fort enjeu : l'IA arme le vendeur. Préparation du dossier, analyse des appels passés, repérage des objections récurrentes, suivi après la décision. L'humain est présent, mais une grande part de ce qu'il sait lui vient de la machine.
Situationnel, fort enjeu : l'humain accompagne. Explorer le pourquoi, demander « pourquoi maintenant ? », distinguer le symptôme de la cause, décider d'arrêter quand l'offre ne convient pas, répondre de sa recommandation.
Une diagonale traverse la carte : l'entraînement. L'IA y joue un rôle distinct de tous les autres, celui de rendre automatique chez le vendeur tout ce qui peut l'être, afin de libérer son attention pour la zone qui ne peut pas l'être.
La carte n'est pas figée. La frontière entre ce qui s'écrit à l'avance et ce qui ne s'écrit pas se déplace chaque année, à mesure que des milliers de conversations transforment le jugement d'hier en procédure d'aujourd'hui. Ma thèse n'est pas que le quadrant humain est à l'abri. Elle est qu'il rétrécit sans disparaître, parce que sa limite ne tient pas à la difficulté de la tâche, mais à l'enjeu pour celui qui décide.
Dans dix ans
En 2036, la majorité des achats se feront sans vendeur, et ce sera une bonne chose. Le métier comptera moins de personnes, mieux préparées, compétentes beaucoup plus tôt, parce qu'elles se seront entraînées contre des machines avant de parler à des humains. Dans le soutien à la clientèle, deux mois avec l'IA valaient déjà six mois sans elle ; la vente suivra la même pente.
La prime ira ailleurs : au jugement dans les situations qui ne ressemblent à aucune autre, au courage d'arrêter une vente qui ne sert pas l'acheteur, à la responsabilité assumée d'une recommandation. Les organisations qui gagneront ne seront pas celles qui déploient le plus d'agents, mais celles qui savent où arrêter la machine. Je parie aussi que la mesure changera : on jugera de moins en moins un vendeur à son taux de conversion, et de plus en plus à l'absence de regret chez ceux qu'il a accompagnés.
Je continuerai donc de rendre la machine meilleure pour faire semblant d'hésiter. C'est la meilleure façon que je connaisse de préparer des vendeurs au moment où quelqu'un, en face, hésite réellement, et où la seule chose qui compte est qu'une personne soit là pour l'aider à décider, puis à vivre avec sa décision.
Sources
- Luo, X., Tong, S., Fang, Z. et Qu, Z. (2019). « Frontiers: Machines vs. Humans: The Impact of Artificial Intelligence Chatbot Disclosure on Customer Purchases ». Marketing Science, 38(6), 937-947. https://econpapers.repec.org/RePEc:inm:ormksc:v:38:y:2019:i:6:p:937-947 ↩
- McKinsey Global Institute (2023). The economic potential of generative AI: The next productivity frontier. https://www.mckinsey.com/capabilities/mckinsey-digital/our-insights/the-economic-potential-of-generative-ai-the-next-productivity-frontier ↩
- Salesforce (2024). State of Sales, 6e édition. https://www.salesforce.com/news/stories/sales-ai-statistics-2024/ ↩
- Gartner (25 juin 2025). « Gartner Sales Survey Finds 61% of B2B Buyers Prefer a Rep-Free Buying Experience ». https://www.gartner.com/en/newsroom/press-releases/2025-06-25-gartner-sales-survey-finds-61-percent-of-b2b-buyers-prefer-a-rep-free-buying-experience ↩
- Gartner (9 mars 2026). « Gartner Sales Survey Finds 67% of B2B Buyers Prefer a Rep-Free Experience ». https://www.gartner.com/en/newsroom/press-releases/2026-03-09-gartner-sales-survey-finds-67-percent-of-b2b-buyers-prefer-a-rep-free-experience ↩
- Gartner (22 juin 2022). « Gartner Sales Survey Finds 83% of B2B Buyers Prefer Ordering or Paying Through Digital Commerce ». https://www.gartner.com/en/newsroom/press-releases/2022-06-22-gartner-sales-survey-finbds-b2b-buyers-prefer-ordering-paying-through--digital-commerce ↩
- Brynjolfsson, E., Li, D. et Raymond, L. R. (2023). « Generative AI at Work ». NBER Working Paper 31161. https://www.nber.org/papers/w31161 ↩
- Brynjolfsson, E., Li, D. et Raymond, L. (2025). « Generative AI at Work ». Quarterly Journal of Economics, 140(2), 889-942. https://econpapers.repec.org/RePEc:oup:qjecon:v:140:y:2025:i:2:p:889-942. ↩
- Damasio, A. R. (1996). « The somatic marker hypothesis and the possible functions of the prefrontal cortex ». Philosophical Transactions of the Royal Society B, 351(1346), 1413-1420. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/8941953/ ↩
- Bechara, A., Damasio, H., Tranel, D. et Damasio, A. R. (1997). « Deciding advantageously before knowing the advantageous strategy ». Science, 275(5304), 1293-1295. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/9036851/ ↩
- Maia, T. V. et McClelland, J. L. (2004). « A reexamination of the evidence for the somatic marker hypothesis: What participants really know in the Iowa gambling task ». PNAS, 101(45), 16075-16080. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC528759 ↩
- Lerner, J. S., Li, Y., Valdesolo, P. et Kassam, K. S. (2015). « Emotion and Decision Making ». Annual Review of Psychology, 66. https://www.hks.harvard.edu/publications/emotion-and-decision-making ↩
- Kahneman, D. (2002). « Maps of Bounded Rationality: A Perspective on Intuitive Judgment and Choice ». Conférence Nobel. https://nobelprize.org/uploads/2018/06/kahnemann-lecture.pdf ↩
- Ayers, J. W. et coll. (2023). « Comparing Physician and Artificial Intelligence Chatbot Responses to Patient Questions Posted to a Public Social Media Forum ». JAMA Internal Medicine, 183(6), 589-596. https://doi.org/10.1001/jamainternmed.2023.1838 ↩
- Rubin, M. et coll. (2025). « Comparing the value of perceived human versus AI-generated empathy ». Nature Human Behaviour, 9(11), 2345-2359. https://cris.huji.ac.il/en/publications/comparing-the-value-of-perceived-human-versus-ai-generated-empath/ ↩
- Dietvorst, B. J., Simmons, J. P. et Massey, C. (2015). « Algorithm aversion: People erroneously avoid algorithms after seeing them err ». Journal of Experimental Psychology: General. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25401381/ ↩
- Castelo, N., Bos, M. W. et Lehmann, D. R. (2019). « Task-Dependent Algorithm Aversion ». Journal of Marketing Research, 56(5), 809-825. https://www.bu.edu/susilo/2020/01/23/task-dependent-algorithm-aversion ↩
- Gartner (20 mai 2026). « Gartner Survey Finds 69% of B2B Buyers Turn to Sales Reps to Validate AI-Generated Insights ». https://www.gartner.com/en/newsroom/press-releases/2026-05-20-gartner-survey-finds-sixty-nine-percent-of-b-two-b-buyers-turn-to-sales-reps-to-validate-ai-generated-insights ↩
- Union européenne. Règlement sur l'intelligence artificielle, article 50 (obligations de transparence). https://artificialintelligenceact.eu/article/50/ ↩
- Beilock, S. L., Carr, T. H., MacMahon, C. et Starkes, J. L. (2002). « When paying attention becomes counterproductive ». Journal of Experimental Psychology: Applied, 8(1), 6-16. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/12009178/ ↩
- Ericsson, K. A., Krampe, R. T. et Tesch-Römer, C. (1993). « The role of deliberate practice in the acquisition of expert performance ». Psychological Review, 100(3), 363-406. https://stafforini.com/works/ericsson-1993-role-deliberate-practice/ ↩
- Shaikh, O., Chai, V., Gelfand, M. J., Yang, D. et Bernstein, M. S. (2024). « Rehearsal: Simulating Conflict to Teach Conflict Resolution ». CHI 2024. https://arxiv.org/abs/2309.12309 ↩
- Macnamara, B. N., Hambrick, D. Z. et Oswald, F. L. (2014). « Deliberate practice and performance in music, games, sports, education, and professions: A meta-analysis ». Psychological Science, 25(8), 1608-1618. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24986855/ ↩